La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

  

  37. Les Auto-Ancrages

  Un Ancrage est une association, créée naturellement ou volontairement, entre un stimulus ou plusieurs stimuli, et une réaction (la réminiscence d’un souvenir, d’un état d'esprit ou émotionnel, d’un comportement…). Nous parlons de schéma « stimulus-réponse ».

 

  Les Ancrages sont des mécanismes naturels. Notre vie est faite d’Ancrages ! Par exemple, la vue d’un objet, l’écoute d’une chanson, ou une odeur, peuvent faire resurgir des souvenirs et des émotions à notre esprit.

 

  Lorsque les Ancrages sont pratiqués sur - et par - soi-même, on parle alors d’Auto-Ancrages.

 

  Quelques exemples d'Ancrages naturels...

 

  - Je vois le feu rouge et je m'arrête.

 

  - Je regarde un film où l'acteur fume, alors j'ai envie d'une cigarette.

 

  - Mon interlocuteur prononce un mot qui résonne en moi dans le sens où il me remmène inconsciemment à une expérience passée, alors mon état interne change instantanément (par exemple, l'entente de ce mot ressuscite un sentiment d'injustice), et mon attitude à l'égard de l'autre s'en trouve transformée.

 

  Le Conditionnement Pavlovien

 

 Le principe de fonctionnement des Ancrages est celui du conditionnement, aussi nommé « Conditionnement Pavlovien », tel que le physiologiste Russe Ivan Petrovitch Pavlov l’a démontré.

 

  L’une des expériences de Pavlov consistait à émettre un son (sonner une cloche) à chaque fois qu’il nourrissait son chien. Après avoir répété plusieurs fois ce procédé afin de renforcer l’association entre le stimulus auditif et le fait de manger, Pavlov constata que le simple son de cloche, sans être accompagné de nourriture, déclenchait la salivation de l’animal. Ainsi, Pavlov avait conditionné son chien à saliver à l’écoute du son de cloche.

 

  La Madeleine de Proust

 

  Dans « Du côté de chez Swann », le premier tome de « À la recherche du temps perdu », l’auteur Marcel Proust évoque la réminiscence de souvenirs d’enfance en mangeant une madeleine. Au cours de cette expérience, le gâteau (sa vue, son odeur, son goût…) stimule un Etat de Ressource (EdR) présent dans l’Inconscient de la personne. On fait régulièrement référence à « La Madeleine de Proust » pour désigner les phénomènes d’Ancrages.

 

  Définitions :

 

  Stimulus : un stimulus désigne ce qui peut provoquer une excitation chez un organisme vivant : Un stimulus visuel (image, lumière), un stimulus auditif (son), un stimulus kinesthésique (température, toucher, ressenti physique…), un stimulus olfactif (odeur), ou un stimulus gustatif (goût).

 

  Etat de Ressource (EdR) : un Etat de Ressource est une façon d’être ou de se sentir (par exemple, un état de confiance en soi, de motivation, de détente…), qu’une personne détient déjà en elle pour l’avoir déjà vécu (dans l’immense réservoir de ressources qu’est son Inconscient), ou qu’elle peut développer grâce aux capacités créatrices de l’Inconscient (l’imagination) si elle n’a jamais été dans cet état auparavant. Le plus souvent positif, dans tous les cas utile, un EdR peut être mobilisé et mis au service de notre vie présente et future ; ainsi, nous pouvons transformer instantanément notre état d’esprit ou émotionnel, et nous conditionner, nous « programmer », pour que nous soyons dans un état particulier lors de nos expériences futures.

 

  Le dégoût ressenti pour un aliment, pour une boisson, un souvenir ou un sentiment négatifs (par exemple, la frustration), peuvent être considérés comme des EdR lorsqu’ils sont utiles à la personne : c’est le cas avec la méthode d’Hypnose aversive, reposant sur l’association d’éléments négatifs au symptôme dont la personne veut se libérer (par exemple, associer au tabagisme le dégoût éprouvé vis-à-vis des choux de Bruxelles !).

 

  Réactivation d’Ancre : exposition d’une personne à un stimulus - ou à des stimuli - déclenchant la réaction y étant associée (la réminiscence d’un souvenir, d’un état d'esprit ou émotionnel, d’un comportement…).

 

  Pour éviter que vos Ancrages ne soient parasités, veillez à utiliser des stimuli que vous n’êtes pas susceptible de rencontrer au quotidien (par exemple, le mot « bonjour » et la poignée de main sont trop courants, mais un mot tel qu’« hypnosis » et un cercle formé entre le pouce et l’index sont beaucoup plus rares).

 

  Un Ancrage ne peut être réactivé que par la personne qui l’a créé, qu’il s’agisse d’un Ancrage posé sur une tierce personne, ou d’un Auto-Ancrage.

 

 Transfert d'Etat de Ressource : technique consistant à créer un pont entre une expérience passée, dans laquelle la personne est en possession d’une ressource spécifique (EdR), et une expérience future, où la personne aura besoin de ladite ressource. Il s’agit ensuite, grâce à un Ancrage, de faire glisser l’EdR, via ce pont, de l’expérience passée vers le moment futur. Ainsi, la personne se programme, se conditionne positivement pour l'avenir.

 

  Désactivation d'Ancre : la technique de la Désactivation d’Ancre permet de supprimer un schéma négatif (mode de pensée ou de comportement, état émotionnel...), en désactivant une ancre, à laquelle cette réaction aura été préalablement associée.

 

  Auto-Ancrage : Ancrage posé par soi-même, sur soi-même.

 

  Associé : la personne associée à une expérience remémorée en est l’actrice, elle la revit aussi intensément que la première fois. Le fait de s’associer à un souvenir permet d’en amplifier notre vécu intérieur.

 

  Dissociée : la personne dissociée d’une expérience remémorée en est spectatrice, elle la visualise de l’extérieur, par exemple sur un écran imaginaire. Le fait de se dissocier d’un souvenir permet d’en réduire les effets.

 

  Anecdotes :

 

  Les histoires vraies suivantes témoignent de l’existence et du fonctionnement des Ancrages dans la vie quotidienne :

 

  « L’Effet Parasol sans alcool ! »

 

  « Un peu d'humour...

 

  Nous étions 6 amis lors de cette soirée karaoké ; puis arrivèrent les coupes de glaces. Alors que chacun de nous regardait la belle et certainement savoureuse glace qu’il avait commandée et qu’il allait déguster, je commençais spontanément à m’amuser à faire tourner de ma main droite le petit parasol décoratif. Je précise que la soirée était plutôt bien arrosée et que nous étions, comment dirais-je, « détendus ! ». Je continuais à faire tourner le petit parasol à la hauteur de mes yeux tout en écoutant ma compagne chanter « et gratte, gratte, sur ta mandoline, mon petit Bambino ! ». Je « décrochais » un moment, absent, ailleurs, parti dans mes pensées, en tout cas plus ici ni maintenant ! Puis cette agréable soirée se termina.

 

  L’un de nos amis décida une semaine plus tard de nous inviter à son tour au restaurant. Je décidais de ne pas boire d’alcool ce soir-là, je n’en avais simplement pas l’envie. Les coupes de glaces arrivèrent et je remarquais sur la mienne la présence d’un nouveau petit parasol, de la même couleur que le précédent ! Alors que les autres étaient aussi « détendus ! » que la première fois, pour ma part, je n’étais pas aussi désinhibé qu’eux, je me souvenais du petit parasol décoratif du dîner précédent. Une idée me vint à l’esprit : demander à ma compagne de chanter Dalida de la même manière que la semaine passée (même volume, même rythme…) pendant que je faisais tourner mon petit parasol de ma main droite et à la hauteur de mes yeux. Vous comprendrez aisément la raison pour laquelle je me sentis de plus en plus, comment dirais-je, « aussi détendu que mes voisins qui avaient bu ! ».

 

  Que s’est-il passé ? La première fois, j’ai associé malgré moi, naturellement, l’image du petit parasol décoratif tournant devant mes yeux (stimulus visuel), la sensation physique de le faire tourner de ma main droite (stimulus kinesthésique), et la voix de ma femme chantant Dalida (stimulus auditif), à l’état de désinhibition. J’ai retrouvé instantanément ce même état interne lors de la seconde soirée au restaurant où je n’avais pourtant pas bu une seule goutte d’alcool, en réactivant l’ancre dont j’avais pris conscience de l'existence entre-temps.

 

  La preuve que sans alcool, la fête est plus folle ! »

 

  « L’oreiller violet d’Andy »

 

  « Alors que je me levais, Andy, mon fils alors âgé de 9 mois, me souriait, réveillé et encore allongé dans son petit lit.

 

  Quelques minutes plus tard, j’ai installé Andy dans son fauteuil et j’ai allumé la télévision. Mon petit garçon attrapait ses jouets et les lançait à terre, ce qui provoquait un tapage pas forcément agréable pour le voisin du dessous. C’est à ce moment-là que j’ai donné l’oreiller violet à mon fils afin qu’il puisse s’amuser sans conséquence pour les autres à une heure aussi matinale. Je l’ai posé sur ses genoux afin qu’il puisse l’atteindre plus facilement. Et ce que je supposais arriva… Andy se mit à pleurer pour nous signaler qu’il voulait le biberon. Pourquoi l’avais-je envisagé ? Parce que nous avons l’habitude de placer ce même oreiller violet sur les genoux de notre fils afin que le biberon qu’il tient déjà seul soit à sa hauteur ; à force de répéter quotidiennement ce comportement, nous avons créés des associations entre l’image et la sensation de l’oreiller violet sur ses genoux et le biberon, nous avons involontairement, inconsciemment, créés un ancrage. En revanche, nous n’avons pas l’habitude de positionner cet oreiller à cet endroit précis lorsqu’il ne s’agit pas de servir le biberon à Andy. Voyant l’oreiller violet (stimulus visuel) et le ressentant sur son corps (stimulus kinesthésique), Andy a spontanément réclamé le biberon. Deux stimuli ont été réactivés simultanément et la réaction associée s’est déclenchée (peut-être le souvenir du biberon, l’envie de goûter le lait, ou la sensation de faim…). »